Placée sous le haut patronage de la Commission nationale française pour l’UNESCO, la Résidence de Recherche pour le Bien Commun (RRBC) a organisé sa session de printemps du 21 mars au 4 avril 2026 à Cabourg. Cette structure associative propose à des chercheurs engagés des séjours de rédaction scientifique dans des lieux patrimoniaux d’exception afin de favoriser la production de connaissances à fort impact sociétal.
Le principe de la résidence repose sur la neutralisation des contingences quotidiennes pour permettre aux lauréats de bénéficier d'un temps de concentration profonde. Les objectifs fixés pour cette session incluent la finalisation de publications académiques de haut niveau, le renforcement des liens interdisciplinaires et la médiation scientifique auprès du grand public et des acteurs territoriaux.
Arrivées le 21 mars, les résidentes ont débuté leur séjour par des ateliers de présentations croisées pour identifier les synergies entre leurs travaux respectifs. Le rythme de la session a alterné entre des séquences de travail autonome et des temps d'échange informels. Le programme a été marqué par une visite privative de la Villa du Temps retrouvé le 31 mars, suivie d'une conférence de restitution publique en soirée. La résidence s'est conclue le 4 avril par un bilan d'activité.
La session a été accueillie dans une propriété en front de mer mise gracieusement à disposition par des particuliers. Cet accueil généreux a permis aux chercheuses de disposer d'un hébergement avec des bureaux individuels face à la plage, favorisant une productivité exceptionnelle.
Le partenariat avec la Mairie de Cabourg et le Grand Hôtel de Cabourg a assuré l'ancrage territorial de la session, offrant aux lauréates un accès privilégié aux infrastructures culturelles et économiques de la ville.
L'événement phare de la médiation scientifique s'est tenu le 31 mars 2026 dans la salle de conférence du Grand Hôtel de Cabourg. La soirée a réuni 40 participants, mobilisés via les réseaux locaux et municipaux. Le public, composé d'élus, de citoyens et de professionnels, a manifesté un intérêt marqué pour les sujets traités.
Selon les retours collectés, les participants ont qualifié les présentations de « passionnantes ». Une auditrice a souligné l'intérêt d'être « plongée dans les différents thèmes de recherche » et d'accéder à la « richesse du travail » scientifique de manière accessible. Pour les chercheuses, ce dialogue a provoqué de véritables découvertes sur la manière de présenter leurs concepts au public.
Anouck Adrot
Anouck Adrot est maître de conférences à l’Université Paris-Dauphine PSL et chercheuse au laboratoire DRM. Agrégée en économie-gestion et docteure de la Georgia State University, elle co-dirige le Master Peace Studies.
Ses travaux portent sur la résilience des organisations par la donnée. Elle analyse comment les écosystèmes d'information permettent aux institutions et aux ONG, comme la Croix-Rouge, d'anticiper et de répondre aux crises climatiques ou géopolitiques.
Elle a finalisé son manuscrit d'Habilitation à Diriger des Recherches (HDR). Le séjour lui a permis d'atteindre une « clarté d'ensemble » sur la dimension multidisciplinaire de ses recherches.
« Professionnellement, cette expérience m'a apporté un véritable temps de clarté. Le format de la résidence convient parfaitement à la HDR : c'est un moment où il faut s'extraire de son quotidien pour arriver à une vision d'ensemble ».
Anouck Adrot considère que « la donnée climatique est un bien commun vital » et que sa libre circulation est une condition nécessaire pour que les populations puissent anticiper leur futur.
Loréa Baïada-Hirèche
Diplômée de l’ESSEC et docteure en sciences de gestion de l’Université Paris-Dauphine, Loréa Baïada-Hirèche est maître de conférences à l’Institut Mines-Télécom Business School. Elle est secrétaire générale d’EBEN France.
Elle se spécialise en éthique comportementale. Ses recherches explorent les dilemmes moraux et la « souffrance éthique » au travail, particulièrement dans les secteurs dits sensibles comme le tabac ou l'industrie pharmaceutique.
Durant la résidence, elle a rédigé les trois premiers chapitres de son mémoire d'Habilitation à Diriger des Recherches (HDR). La confrontation aux participants a stimulé sa réflexion sur le concept de « trahison de soi » en entreprise.
« Voir que nos travaux intéressent réellement le public est extrêmement stimulant et aide à traverser les moments de doute ».
Loréa Baïada-Hirèche affirme que « l’éthique vise le Bien en soi pour l’épanouissement de tous » et milite pour un management qui n'intègre plus uniquement des critères techniques ou financiers, mais place l'humain au centre des décisions.