Du 23 au 31 janvier 2026, la Résidence de Recherche pour le Bien Commun s'est installée pour la première fois au cœur de la Ville Éternelle. Cette session inédite a accueilli trois chercheurs de disciplines historiques variées pour une immersion dédiée à la rédaction d'articles scientifiques et au rayonnement de l'humanisme.
Situé sur le point culminant de la colline de l’Aventin, le Collegio Sant’Anselmo est une institution bénédictine internationale fondée en 1887. À la fois université pontificale et centre de formation mondial, ce lieu historique offre une vue imprenable sur Rome et le Vatican.
Plus qu'un simple hébergement, le Collegio a offert à nos résidents une véritable « bulle » de sérénité grâce à son cloître et ses espaces isolés de l'activité de la ville, favorisant la continuité de la pensée.
La session a été rythmée par un équilibre entre travail intensif et échanges institutionnels :
Accueil et Immersion : Dès leur arrivée, les chercheurs ont intégré le rythme monastique, partageant les repas au réfectoire, parfois en silence, pour une concentration optimale.
Présentations Croisées : Un temps fort où chaque lauréat a exposé ses travaux aux autres résidents, créant des ponts interdisciplinaires entre musicologie et philosophie.
Rencontres de l'Aventin : Une visite privée de l’Ambassade de l’Ordre de Malte a permis d'ancrer le séjour dans l'histoire diplomatique et religieuse de Rome.
Soirée de Rencontre (27 janvier) : Un événement dans le Collegio réunissant l’Institut Français, la Fondazione Primoli et l’Abbé Primat Jeremias Schröder pour débattre des enjeux du Bien Commun.
Valorisation : La fin de session a été consacrée à la captation de podcasts et d'interviews visant à rendre ces recherches accessibles à tous.
Parcours : Professeur émérite à l'ENS de Lyon et présidente de la Société Montesquieu, elle est une spécialiste de l'histoire des idées du XVIIIe siècle.
Recherches : Elle dirige l'édition critique des Œuvres complètes de Montesquieu (22 volumes) et explore la notion de dignité humaine à travers les textes des Lumières.
Projet en Résidence : « La notion de nature humaine chez Montesquieu ». Son travail visait à démontrer comment cette conception préfigure une théorie universelle des droits de l'homme, indépendante des appartenances religieuses ou étatiques.
Parcours de Chloë : Musicologue, violoniste et doctorante à l’Université de Rouen Normandie, elle allie recherche sur la tradition orale normande et pratique artistique au sein de son ensemble Les Ondes Galantes.
Parcours de François : Comédien, chanteur et chercheur à l’Université Sorbonne Nouvelle, il est spécialiste de la farce et des formes spectaculaires populaires du XVIIe siècle.
Projet en Résidence : « Le Jeu et mistere de monsieur saint Julien ». Ensemble, ils ont travaillé à la reconstitution musicale d'un mystère de 1529. En croisant sources anciennes et collectes orales normandes, ils ont rendu sa « voix » à cette œuvre oubliée pour une publication prochaine aux éditions Classiques Garnier.
« Ce que je recherchais, c'était cet effet "bulle", et de ce point de vue, c'est une réussite totale. J'ai pu travailler exactement à mon rythme dans les meilleures conditions possibles. » — Catherine Volpilhac-Auger
« Travailler dans un cadre dépaysant permet de se focaliser réellement sur l'objectif. Même si l'on peut écrire de chez soi, on est moins tenté par les sollicitations quotidiennes lorsqu'on est ainsi concentré sur un projet unique. » — Chloë Richard-Desoubeaux
« J'ai vécu une expérience hors norme et particulièrement inspirante, marquée par la découverte d'un environnement nouveau qui m'a permis de finaliser mes travaux avec une grande sérénité. » — François Rémond
« La pensée des Lumières reconnaît en l'homme une qualité spécifique que la société et l'État ont le devoir de préserver. » — Catherine Volpilhac-Auger
« Nous souhaitons défendre le droit à faire vivre la culture pour le bien commun. Faire se rejoindre la recherche scientifique et le public permet à chacun de s'approprier son histoire artistique. » — Chloë Richard-Desoubeaux
« Restituer et donner accès à ce patrimoine ancestral, c'est créer des ponts entre les musiques savantes et les traditions populaires qui appartiennent à tout le monde. » — François Rémond